Après deux années difficiles, le marché immobilier français a discrètement amorcé un tournant. La reprise est mesurée plutôt que spectaculaire, et elle s'accompagne de nuances importantes. Mais pour les acheteurs qui envisagent de s'installer dans le Grand Sud-Ouest ou en Provence, le tableau à mi-2026 est plus encourageant qu'il ne l'a été depuis 2022.
Voici ce que les données publiées nous indiquent.
Les volumes de transactions se redressent
La source la plus fiable pour les données du marché immobilier français reste les Notaires de France, dont les chiffres couvrent l'ensemble des ventes enregistrées dans le pays. Leurs rapports nécessitent plusieurs mois de compilation ; les données complètes les plus récentes couvrent donc la fin de l'année 2025.
Le chiffre clé est sans ambiguïté : environ 945 000 transactions ont été enregistrées sur les douze mois jusqu'à décembre 2025, soit une hausse d'environ 12 % sur un an, selon les Notaires de France. Ce résultat fait suite à deux années de recul significatif depuis le pic de 2022. Il s'agit d'un retournement notable, qui se fait sentir dans la plupart des régions.
Pour la suite, la FNAIM, fédération nationale des professionnels de l'immobilier, anticipe une reprise continue en 2026, avec des projections comprises entre 960 000 et 980 000 transactions sur l'année entière. Cela étant, l'analyse de la FNAIM souligne également que l'instabilité politique et l'absence de stratégie logement à long terme constituent des risques pour le rythme de cette reprise. Le groupe bancaire BPCE a pour sa part publié une analyse plus prudente, évoquant un possible recul de 5 % des volumes de transactions en raison des pressions géopolitiques et des évolutions de taux. Ce point de vue illustre une divergence réelle entre analystes, plutôt qu'un consensus établi.
Les prix sont stables, sans envolée
C'est peut-être l'information la plus utile pour les acheteurs : les prix ne se sont pas redressés brutalement. L'indice Notaires-INSEE pour les logements anciens enregistre une hausse annuelle de 1,11 % au quatrième trimestre 2025. Les prix des maisons ont progressé d'environ 0,8 % à l'échelle nationale sur la même période ; ceux des appartements ont augmenté d'environ 1,5 %.
Dans les zones rurales et les régions où BVI est présent, la tendance est globalement à la stabilité plutôt qu'à la croissance. Le portail Your Overseas Home, citant les données des Notaires de France au printemps 2026, indique un prix moyen au mètre carré d'environ 1 844 € en Dordogne et de 1 584 € en Corrèze dans le Limousin. Ces chiffres ne reflètent pas un marché sous tension. Pour les acheteurs, c'est une réelle bonne nouvelle : la possibilité d'acquérir à des prix réfléchis, sans la pression d'une concurrence en hausse rapide.
Les biens de prestige obéissent à une logique différente. Le rapport de marché hivernal 2025 de My French House note que les châteaux et manoirs bien conservés en Dordogne et en Provence ont enregistré des hausses de prix de 2 à 4 %, portées par la rareté et une demande internationale soutenue. Au niveau prestige, la qualité continue de défendre sa valeur.
Les conditions d'emprunt se sont améliorées
La baisse des taux de crédit par rapport aux sommets de 2024 constitue l'un des principaux moteurs de la reprise du marché.
Selon le baromètre de marché de Capifrance pour juin 2026, les taux moyens des crédits immobiliers en France s'établissent actuellement à environ 3,02 % pour un prêt sur dix ans et à 3,43 % pour un prêt sur vingt-cinq ans, pour les profils bien qualifiés. Les meilleurs taux disponibles sont encore inférieurs. Ces niveaux sont nettement plus favorables que les pics dépassant 4 % observés en 2023 et 2024, et représentent une amélioration significative du pouvoir d'achat pour les acquéreurs finançant leur bien.
Pour les acheteurs internationaux qui n'ont pas recours à un crédit français, l'environnement de taux a un effet indirect : il ramène davantage d'acheteurs nationaux sur le marché, ce qui soutient les volumes de transactions et la stabilité des prix.
La demande internationale pour la France rurale reste soutenue
L'attrait des acheteurs britanniques et américains pour le Grand Sud-Ouest et la Provence n'a pas faibli. Les données 2025 de Kyero montrent que les acheteurs britanniques constituent le premier groupe d'acquéreurs étrangers en France, particulièrement actifs en Dordogne, en Lot-et-Garonne et dans les départements voisins. L'intérêt des acheteurs américains a également progressé : un agent régional cité dans le rapport Kyero indique que la clientèle américaine est passée de la quatrième à la deuxième place parmi les acheteurs internationaux dans le Sud-Ouest de la France.
L'index acheteurs 2026 d'A Place in the Sun classe la France au deuxième rang des destinations les plus recherchées par les acheteurs britanniques à l'étranger, avec des budgets moyens déclarés en hausse de 14 % sur un an, dépassant désormais les 200 000 livres sterling. Le rapport souligne que la France rurale, et le Sud-Ouest en particulier, continue d'offrir une valeur exceptionnelle à l'échelle européenne pour les propriétés de caractère avec terrain.
Les diagnostics énergétiques : un paysage en mutation
Le DPE, diagnostic de performance énergétique obligatoire en France, est devenu un facteur de plus en plus déterminant dans la valorisation des biens, et tout acheteur se doit de le comprendre.
Les conséquences pratiques sont bien réelles. Depuis janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location, qu'il s'agisse de nouveaux contrats ou de renouvellements. Les logements classés F suivront en 2028. Les données des Notaires de France montrent que les biens classés A et B se vendent désormais avec une prime d'environ 17 % par rapport aux équivalents classés D, tandis que les passoires thermiques classées G se négocient typiquement avec une décote pouvant atteindre 25 %.
Depuis janvier 2026, la méthode de calcul du DPE a évolué : le coefficient de conversion de l'électricité a été abaissé de 2,3 à 1,9, alignant ainsi la France sur les normes européennes. Selon les estimations gouvernementales relayées par Connexion France, environ 850 000 logements précédemment classés F ou G devraient ainsi passer dans une catégorie supérieure.
Pour les acheteurs qui s'intéressent aux biens en pierre ancienne de nos régions, une nuance importante mérite attention. L'association Maisons Paysannes de France a exprimé des réserves quant au fait que le système DPE a été conçu pour le bâti d'après-guerre et peut pénaliser injustement les constructions traditionnelles en pierre, dont l'épaisseur des murs assure une inertie thermique naturelle que le logiciel ne prend pas pleinement en compte. Ce point est à garder à l'esprit lors de l'évaluation de tout bien de caractère affichant un classement faible. Cela ne supprime pas la réalité réglementaire, mais signifie que le DPE d'une maison ancienne en pierre doit être interprété à la lumière d'un avis professionnel, et non pris au pied de la lettre.
Le dispositif MaPrimeRénov' reste disponible pour accompagner les travaux de rénovation, et a été élargi début 2025 avec des financements supplémentaires. Les acheteurs souhaitant améliorer le classement énergétique d'un bien pourraient être éligibles à des aides, selon leur situation et l'ampleur des travaux envisagés.
Ce que cela signifie concrètement
Le bilan honnête pour quiconque envisage un achat dans notre secteur est le suivant.
Le marché s'est stabilisé et reprend doucement. Les volumes de transactions remontent depuis un point bas. Les prix, hors biens de prestige, sont globalement stables : ni une aubaine pour les acheteurs, ni un marché de vendeurs. Les conditions d'emprunt sont les meilleures observées depuis deux ans. La demande internationale pour la France rurale est réelle et en progression. Et au niveau prestige, les biens bien présentés et bien notés continuent de se vendre auprès d'une clientèle motivée.
Le seul domaine nécessitant une vigilance particulière est la performance énergétique, qui est passée d'une mention accessoire à un facteur central de valeur et de conformité réglementaire. Nous l'intégrons dans chaque dossier de présentation que nous préparons, et nous sommes disponibles pour en discuter en détail pour tout bien que vous seriez amené à considérer.
Si vous avez des questions sur le marché dans une zone spécifique, ou souhaitez comprendre ce que ces chiffres impliquent pour un type de bien particulier, notre équipe est à votre disposition.
Un mot pour les vendeurs
Les chiffres présentés ci-dessus dressent un tableau globalement positif, mais ils contiennent également un message pour quiconque espère conclure une vente en 2026.
Le nombre d'acheteurs est en hausse, mais les acheteurs d'aujourd'hui ont plus de choix qu'à n'importe quel moment depuis 2022, et ils en sont parfaitement conscients. Ils prennent leur temps, comparent avec soin et formulent des offres qui reflètent la réalité du marché plutôt que le prix affiché.
Les biens proposés à un prix réaliste et présentés de manière soignée trouvent preneur. Les autres s'éternisent sur le marché.
Les prix demandés en zone rurale ont en particulier tardé à s'adapter à la réalité post-2022, et l'écart entre les attentes des vendeurs et ce que le marché peut réellement soutenir reste l'une des principales raisons pour lesquelles les biens peinent à se vendre. Le conseil de pricing d'un agent, fondé sur des transactions comparables plutôt que sur l'optimisme, est l'outil le plus efficace dont dispose un vendeur.
Si vous espérez finaliser une vente avant la fin 2026, la fenêtre est ouverte. Mais elle récompense ceux qui sont prêts à se positionner au prix du marché tel qu'il est aujourd'hui, et non tel qu'il était hier.
Sources : Notaires de France / Connexion France (février 2026) ; indice Notaires-INSEE T4 2025 ; prévisions de marché FNAIM 2026 ; BPCE L'Observatoire 2026 ; baromètre des taux Capifrance juin 2026 ; Your Overseas Home, point de marché printemps 2026 ; My French House, rapport de marché hiver 2025 ; guide de marché France Kyero juillet 2025 ; index acheteurs A Place in the Sun 2026 ; reportages Connexion France sur le DPE (novembre 2025, juin 2026) ; Maisons Paysannes de France.